La chaleur est écrasante dans ce minuscule hall d’aéroport. Agglutinés contre les vitres des fenêtres, des dizaines de badauds essaient de nous persuader de monter dans leur taxi ou leur bateau. Les enfants sont surexcités et se roulent par terre. Nous faisons les cent face au personnel de l’aéroport qui transporte nos bagages des soutes de l’avion à nos pieds. Ici, point de tapis roulants ou chariots. Tout se fait à la main. Bienvenue à Labagaojo, aéroport de Flores.
A midi, les gouttes de transpiration dégoulinent sur le front d’Axel.La porte ouverte du mini-bus qui nous transporte jusqu’à l’embarcadère nous permet de respirer un peu. Josh, le capitaine-propriétaire du Moana, physique de vieux beau autrichien, nous attend sur le quai. En quelques minutes de hors bord, nous voilà dans notre maison flottante de 24 mètres. Immense table au cœur du large pont. Gros coussins moelleux dans le coin farniente. Pont arrière pour se baigner. Pièce télé et lecture. Boiseries partout. Cabines spacieuses de trois places avec salle de bain et climatisation. Moi qui craignait pour mon espace vital minimum, je suis rassurée : je pourrai m’isoler à ma guise sans jouer les associables. Axel est aux anges et rit aux éclats. Quentin (avril 2005) et Théo (janvier 2005) font de même. Nelly (novembre 2006) et Camille (août 2006) sont plus timorées. Un gros verre de jus de fruits fait office de cocktail de bienvenue. Le décor est planté : nous voilà en plein cliché ! Nous prenons la mer tout de suite et une première plongée s’organise dans l’après-midi. Avec le crépuscule, face à l’île de Rinca, le ciel en feu s’est ouvert sur des nuées d’oiseaux sombres. Des chauves-souris immenses, les plus grandes au monde, sortent en rangs serrés de leurs grottes pour aller déguster des fruits sur l’île d’en face. Spectacle irréel. La croisière peut commencer.
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